Depuis que je suis enfant, cet insecte me fascine. On le voit de préférence dans les zones de terre nue et friable. Toujours en mouvement,
nerveux, il se pose quelques secondes sur le sol, semble marcher à la recherche de je ne sais quoi, puis s'envole et survole au ras du sol la surface explorée, reviens, repart.....Enfant il me
faisait très peur du fait de son comportement qui me paraissait agressif et aussi par sa taille .Un hyménoptère géant rouge et noir, il devait certainement être reponsable de piqûres
douloureuses!
Cet été, je me suis attachée à suivre de près son comportement....et j'ai découvert un insecte au comportement fascinant! En fait,
l'individu suivi est une femelle.
Chez cette espèce (comme pour d'autres espèces morphologiquement assez proches) les femelles creusent des terrier dans lequel elle
déposent un oeuf ainsi que des proies (en général des criquets) qui serviront de nourriture à la larve.
Mais comment creuser lorsque l'on est un simple Hyménoptère?
Après avoir soigneusement choisi l'endroit (long comportement de recherche et de nombreux essais préliminaires) l'animal utilise ses mandibules puissantes pour saisir un grain de sable ou de
terre. Son corps à la verticale, il fait alors vibrer à trés haute vitesse ses ailes. Le mouvement n'est pas visible, par contre le bruit généré est parfaitement audible : un véritable bruit aigu
de perceuse! Les vibrations sont transmises aux mandibules et ce mouvement permet de desceller le grain : un petit tas de terre se forme.
L'animal déblaie alors le tas formé en utilisant ses pattes antérieures, incroyablement souples, qu'elle replie de manière à constituer une brassée de sable qu'elle maintien avec sa tête.
L'animal recule et dépose son tas de sable à 2 ou 3 cm du lieu de forage.
A une vitesse incroyable, la femelle creuse ainsi un terrier d'une profondeur semblable à sa propre taille.
La séquence de photo qui suit couvre 40 minutes consécutives (petit clic sur l'image pour l'obtenir en grand dans une autre fenêtre)

Après ce travail acharné, point de repos! Il faut soigneusement reboucher le terrier et le rendre invisible à tout autre
parasite ou prédateur potentiel des larves.
L'animal va donc construire une véritable porte à son terrier en placaçant un caillou, des brindilles ou tout autre objet convenable puis recouvre le tout par du sable. Le travail est
minutieux, les brindilles choisies ne sont pas toujours parfaites et la femelle n'hésite pas dans ce cas à défaire pour reconstruire.
La séquence qui suit montre ce travail minutieux qui n'a cependant duré que 2 minutes.

Mon regret est de ne pas avoir pu suivre la suite de l'épisode : un orage violent (le traditionnel orage du 15 août) à
interrompu mes observations et je n'ai pas vu l'animal garnir son terrier de proies.
Un autre détail aussi, très intéresant : lorsque la petite Prionyx rebouchait son terrier et vadrouillait aux alentours à la
recherche de brindilles adéquates, j'ai repéré une mouche qui la suivait à la trace. Une petite mouche brune, toute petite, et qui se tenait systématiquement derrière la femelle à
quelques centimètres, sur une brindille ou une autre. Totalement ignorante mais juste amusée, j'en ai réalisé quelques mauvaises photos. Ce n'est qu'ensuite que l'on m'a expliqué (encore
merci aux membres du forum insecte.org pour toutes ces explications) qu'il s'agissait vraissemblablement d'une Miltogramminae (famille des Sarcophagidae), mouche parasite de ces
insectes.
par Cécile
publié dans :
Hymenoptera
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