(dys)Harmonia axyridis

Publié le par Cécile

Dans le jardin de mes parents, sur le même rosier, il ya des Harmonia axyridis complètement déglinguées.

Je ne sais pas à quoi sont dues ces malformations : accident de développement ou tare génétique?
En tous les cas, ces anomalies n'ont pas l'air de les gêner outre mesure : elle cavalent comme il faut (bien sur elles ne volent pas). Certaines d'entre elles, repérées grace à leur robe et à leurs anomalies, sont sur le même rosier depuis presque un mois (28 Aout --> 23 Septembre).
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Boussy St Antoine (91), 23/09/2007


Edit  du 8/11/2007

Après recherche d'informations, il semble qu'il s'agisse d'anomalies accidentelles de développement  de ces individus et non la manifestation d'une anomalie génétique (souche non volante d'Harmonia axyridis). Des traces de pesticides associés à des agonistes ou à des antagonistes d'hormone de mue a visiblement perturbé le déroulement normal de la nymphose.
Ces pesticides n'ont pas été déversés dans ce jardin mais ont du être véhiculés jusque là sous forme d'aérosols (ces produits sont en général vaporisés) depuis leur lieu d'épandage (le transport pourrait se faire sur plusieurs kilomètres).
En faveur de cette hypothèse, les nouveaux individus observés ces derniers temps dans ce même jardin, sont tous parfaitement normaux et capables de voler !

Ces observations concernant Harmonia n'ont donc rien d'exceptionnel en soi et auraient pu être faites sur d'autres espèces d'insectes à nymphose, je pense entre autre aux Lépidoptères.


Publié dans Coleoptera

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Foise 16/03/2008 15:54

Je suis passée voir, je voulais mettre mon grain de sel sur ce sujet, pensant qu'effectivement tout apport de l'extérieur qu'il soit animal ou végétal entraîne des modifications qui échappent même aux scientifiques... mais je vois que le sujet est chaud !!! Je me sauve sur la pointe des pieds...

Pierre CALLIER 28/01/2008 15:11

Il s'agit de la même espèce aux USA et en Europe non? Pour ma part je ne vois dans cette invasion de Harmonia Axyridis qu'une grave erreur d'instituts de recherche alliés à des boîte de soit disant lutte biologique uniquement attirés par l'appât du gain...Les chercheurs de l'INRA et d'autres ne se se sont pas doutés que les lâchers de cette spèce en milieu naturel pouvait mener à une invasion? alors qu'aux Etats-Unis ça fait des années que cette espèce est bel et bien installée...ce n'est pas la même souche me répondra-t-on? Et bien le principe de précaution dicte de ne pas prendre de risques avec une espèce possédant des souches qui apparemment ont su évoluer pour s'installer de manière durable et compétitive. Il n'y a à l'heure actuelle aucune preuve que l'invasion actueIle provient de cette souche américaine. Il est  criminel de décharger les laboratoires, institutions, entreprises de "lutte bipologique" de leur responsabilité, tout comme il est criminel de minimiser l'impact de l'introduction brutale d'une nouvelle espèce au sein d'écosystèmes en évolution depuis des temps immémoriaux. Ce n'est pas l'alternative aux pesticides qui a guidé les lâchers de Harmonia Axyridis; car cette alternative est très valable avec certaines espèces indigènes telles Adalia bipunctata ou Exochomus bipustulatus, mais bien la recherche d'un gain élévé le plus rapidement possible, l'espèce invasive s'élevant plus facilement que toute autre en laboratoires de reproduction de masse.

maignet 12/11/2007 14:34

Ok, je me suis un peu emporté car ce n'était pas la question posée. J'ai surtout répondu au commentaire précédent...En ce qui concerne les déformations observées, votre hypothèse est plausible. Mais il n'est pas non plus rare d'observer ces phénomènes de perturbation de la nymphose lorsque des conditions de nourritures et/ou d'hygrométrie ne sont plus acceptables pour l'espèce. Ces individus ont en fait pu s'alimenter sur des proies "limites" pour leur survie ou être exposées à une baisse importante de l'hygrométrie pendant la phase la plus sensible de leur nymphose.Cette nouvelle souche d'Harmonia axyridis a un très large spectre alimentaire et est certainement en passe de coloniser tout notre vieux continent. Espérons que cela ne servira pas trop les intérêts "anti-écologiques" qui n'en demandaient pas tant pour taper sur les personnes (et labos) qui travaillent depuis des années sur une autre alternative aux pesticides. Personnellement, avec toutes ces espèces de ravageurs qui s'acclimatent chaque année dans nos pays, je ne suis ni surpris, ni horrifié de voir arriver un "auxiliaire". Il va falloir vivre maintenant avec cette espèce et ses bon et moins bons côtés... j'espère que les mauvais ne l'emporteront pas, du moins au JT de 20h00...

maignet 08/11/2007 10:35

Bonjour,Je voudrais ajouter ici quelques réserves sur ce qui vient d’être écrit. Tout d’abord, l’utilisation d’insectes auxiliaires ne se fait pas au petit bonheur la chance. Cela résulte de nombreuses études en labo puis sur le terrain. La souche chinoise d’Harmonia axyridis élevée puis testée par l’INRA ne fait exception à la règle.Après plusieurs années d’élevages et de test en laboratoire, cette espèce (en fait cette souche) s’est avérée incapable de s’acclimater dans notre pays. Par contre, son utilisation par lâchers répétés d’années en années a été envisagé avec un partenaire privé, BIOTOP (voir son site biotop.fr), comme plusieurs dizaines d’autres auxiliaires actuellement utilisés en Europe. C’est l’utilisation de ces insectes, acariens et micro-organismes qui ont permis progressivement de diminuer l’utilisation des produits chimiques de synthèse dans un certain nombre de culture et par ricochet dans notre assiette.La population qui envahie en ce moment le nord de l’Europe n’est probablement pas issue de la souche INRA mais vraisemblablement de populations américaines ou canadiennes. En effet, à la fin des années 80, une souche s’est établie dans le sud des USA et a rapidement colonisé tout le continent. L’origine de cette souche est trouble car des essais avaient été tentés pour acclimater cette espèce tout au long du XXème siècle et les chercheurs avaient conclu à un échec. Il est possible que des individus soient arrivés d’une région qui s’ouvrait au commerce international dans ces années là car les premières observations se sont faites dans une région portuaire importante.En tout cas, cette espèce de coccinelle est un super prédateur important car chez ces insectes, le cannibalisme et la prédation sur les espèces voisines est de règle. C’est d’ailleurs ainsi que notre brave bête à bon-Dieu s’est acclimatée et est devenue avant Harmonia axyridis, une espèce dominante aux USA. Donc la taille importante d’Harmonia explique en grade partie sa capacité à prendre la place des autres espèces autochtones. Cependant, et l’exemple américain nous le démontre, elle n’occupera pas toutes les niches écologiques et nos espèces européennes ne disparaîtront pas, elle deviendront plus rares sur les plantes qu’affectionnera la nouvelle venue. Un nouvel équilibre se mettra en place, ce qui est le cas continuellement dans tous les écosystèmes.L’émotion suscitée par le cas d’Harmonia axyridis est à la fois d’ordre émotionnel (les gens se rendent compte que les choses sont plus compliquées qu’ils ne se l’imaginent : une coccinelle peut poser des problèmes ! Que penserait-ils alors des coccinelles qui sont végétariennes et qui ont le statut de ravageur !) et d’ordre économique : c’est un sujet qui fait vendre du papier, amène de l’argent dans des labos et arrange certains lobbies…Nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur dans le choix des auxiliaires utilisables contre les ravageurs, mais il faut néanmoins remettre les choses en parallèle et penser à tous ces pesticides de synthèse (dont on connaît de mieux en mieux leurs impacts sur notre environnement et notre santé) qui ne sont pas utilisés.Pour terminer, je voudrais attirer l’attention sur le danger de diffuser, même avec toute la bonne fois du monde, des infos fausses ou incomplètes avec ce merveilleux outil qu’est Internet. Ni OGM, ni expérience ratée de l’INRA et du méchant industriel…

Cécile 08/11/2007 13:03

Merci de votre participation et de votre mise en garde de bon aloi sur les dangers de diffuser malgré soi des informations pouvant être mal interprétées.La publication de ces photos ne se voulait en aucun cas polémique, il s'agissait de poser la question sur la nature de ces anomalies observées : accident ponctuel de développement  ou origine génétique? Question illégitime en fait, puisque jusque là, je n'avais jamais croisé dans ce jardin clos que des individus volants et que je n'ai jamais réalisé de lâcher de souche non volante.Après avoir montré ces mêmes photos sur le forum insecte.org, une explication fort simple (mais guère plaisante tout de même) de ces anomalies m' a été donnée : ces anomalies de développement ont du apparaître lors de la nymphose sous l'effet de pesticides associés à des agonistes ou antagonistes d'hormone juvénile. Ces pesticides n'ont pas été déversés dans ce jardin, mais sont transportés à partir de leurs lieux de vaporisation (jardins de la commune? producteurs horticoles du secteur?) Il semble que ces produits puissent être transportés sur plusieurs kilomètres (formation d'aerosols?).La confusion semble être liée au fait qu'il s'agisse de photos d'Harmonia axyridis dont j'observe depuis 2 ans le développement important dans ce jardin, au détriment assez net des populations d'autres espèces. J'imagine qu'avec une observation plus minutieuse de l'entomofaune de ce jardin, il est possible de mettre en évidence d'autres espèces altérées par ces mêmes pesticides (Lépidoptères entre autre).

tartine 02/11/2007 18:42

Vive les OGM !!! Coccinelle asiatique : une espèce invasive un peu trop « envahissante »En 1982, pour lutter contre la prolifération des pucerons, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) a lancé une expérimentation de lutte biologique contre ces parasites. Et pour les éradiquer, l’INRA a importé de Chine son plus grand prédateur : la coccinelle. Très vorace et donc très efficace, la coccinelle asiatique, « harmonia axyridis», a ensuite été commercialisée à grande échelle en France de 1995 à 2000 par la société Biotop. Elle s’est rapidement installée en Belgique et dans le Nord-Est de la France. Mais sa prolifération pose aujourd’hui problème : espèce invasive, elle prive les coccinelles locales de leur nourriture et mange même leurs larves. Actuellement, l’INRA mène une étude pour tenter de déterminer les routes d’invasion des coccinelles asiatiques et trouver le moyen de les stopper. Dans l’attente d’une solution, Biotop et ses concurrentes ont préféré arrêter la vente de coccinelles chinoises. Une seule coccinelle, génétiquement modifiée, est encore commercialisée : celle-ci ne peut pas voler, elle est donc censée rester dans une zone limitée. Mais selon le fondateur de l’Observatoire Permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France, les descendants de ces insectes génétiquement modifiés peuvent voler. L’invasion de la coccinelle asiatique est donc loin d’être finie. voilà l'explication. ces cocinelles déglinguées sont des espèces modifiées à qui cela n'aura pas réussi.